robin

Au petit jardin écolo...

Cognassier du Japon ©Valérie Thion

L’hiver, saison morte au jardin? Pas si vite…
De décembre à février, nombreuses sont les espèces à admirer ou à planter.
Sans compter le travail de protection du sol et des plantes, qui ne manque pas.
Voici donc comment profiter de vos espaces verts en période froide, tout en veillant à leur soin.

1. ADMIREZ-LES AU COEUR DU FROID

Avec leurs fruits, bois colorés, et floraisons tardives ou précoces, certaines espèces animeront la saison froide, et vous feront attendre l’hiver avec impatience !

Les éclats de couleur

  • Les jolies baies du Cotoneaster ajoutent une touche rouge vif au milieu de leur feuillage persistant.
  • Les petits fruits du pommier d’ornement ravivent non seulement le paysage, mais nourrissent les oiseaux à l’automne et en hiver.
  • Pensez également aux rosiers :

    – les fleurs du Rosa canina céderont la place aux cynorrhodons¹ : petits fruits comestibles allant de l’orangé au pourpre, qui sont aussi riches en vitamines A et C.
    – Ceux du Rosa pimpinellifolia, violets, très sucrés, et délicieux se prêtent tout particulièrement à la confection de confitures.

Malus d'ornement (pommier) ©Valérie Thion
Fruits du Physalis ©Valérie Thion
  • Les jolies baies oranges du physalis feront le bonheur des esthètes. Et en plantant une variété comestible comme le “Coqueret du Pérou”, les gourmands ne seront pas déçus non plus.

Gare, toutefois, à bien choisir une espèce propre à la consommation…ou c’est la gastrite qui vous guette.

Les floraisons tardives ou précoces

Contemplez les nombreuses fleurs qui animent et décorent durant  les mois les plus froids.

  • La viorne d’hiver offre de jolies fleurs rose tendre.
  • Les délicates fleurs couleur crème du Sarcococca confusa sentent délicieusement bon la vanille.
  • Les petites fleurs blanches du chèvrefeuille d’hiver parfument subtilement l’air.
  • Avec leurs fleurs de couleurs plus vives : le jasmin d’hiver ou Jasminum nudiflorum (floraison jaune à partir de décembre-janvier).
  • Le Mahonia media Charity (floraison jaune vif parfumée de décembre à février),
  • et l’ Hamamelis mollis sont aussi de belles options
  • N’oublions pas la floraison précoce de couleur pourpre du cognassier du Japon (tout en haut).
Graminées en hiver ©Valérie Thion
Hellébore ©Valérie Thion
  • Ne vous privez pas de l’exubérance des vivaces comme la rose de Noël aussi appelée Hellébore (ci-dessus).
  • de la Salvia elegans aux délicieuses petites fleurs rouges tirant sur le fuchsia,
  • ou encore des délicates fleurs blanches en clochette du perce-neige.
  • Parmi nos préférées en hiver : les graminées dont les inflorescences sèches s’ornent de perles d’eau ou de givre et brillent d’un éclat éthéré. Quelle vue !

Les écorces décoratives

Au jardin,  certains arbres et arbustes ont un rendu particulièrement esthétique.

  • La luxueuse écorce acajou et satinée du cerisier du Tibet habille le jardin, et sera rehaussée au printemps de petites fleurs blanches.
  • N’oublions pas le bouleau à écorce blanche, rouge ou rose-orangé.
  • Ou encore l’érable cannelle (Acer griseum) dont l’écorce brun-roux s’exfolie en larges rouleaux, avec un feuillage éblouissant à l’automne, allant du jaune au rouge vif.
  • Les couleurs acidulées d’arbustes comme le cornouiller, offrent, quant à elles, une vue saisissante !
Cornouillers Alba & Sanguinea
Cerisier du Tibet ©Pepinières Dauguet

Le cornouiller est adapté aux balcons et terrasses, à condition de prévoir un bac suffisamment large et profond pour favoriser son développement :

  • le Cornus alba, dit « Bâton rouge », au bois rouge-vif, tirant un peu sur le fuschia,
  • le spectaculaire Cornus sanguinea au bois orange incandescent,
  • et l’étonnant Cornus stolonifera, aux rameaux jaune-vert fluo.

2. couvrez-vous bien... et plantez !

L’hiver est une période propice à la plantation des arbres et arbustes.
C’est aussi l’occasion rêvée de remplacer votre haie mono-spécifique (faite d’une espèce unique, et donc plus vulnérable aux ravageurs), au profit d’une haie variée².

Composée des bons arbustes, la haie variée offre d’une part une vue chatoyante à chaque saison ; rameaux, fruits et feuillages prenant la vedette, chacun à leur tour.

Mais elle est aussi refuge et garde-manger pour les pollinisateurs, les auxiliaires et les oiseaux, qu’elle nourrit de ses fruits et dont elle abrite aussi les proies.
Composez, par exemple, votre haie variée de la façon suivante :

  • un tiers d’arbustes persistants, comme la viorne-tin (Viburnum tinus), le Mahonia, l’arbousier, ou l’abélia.
  • deux tiers de caducs tels que le fusain d’Europe, le noisetier, le sureau noir, la viorne obier, ou le fameux cornouiller aux rameaux colorés.
Viorne Orbier
Arbuste caduc : Viorne orbier ©Pépinières Dauguet
Arbuste persistant : Mahonia Charity ©Valérie Thion

 

N’oublions pas le lierre, hôtel-restaurant très fréquenté par les auxiliaires comme la coccinelle et les oiseaux tels que le merle.

Veillez à tailler chaque arbuste à la période propice, en tenant compte des auxiliaires présents, de la nidification des oiseaux et de la saison durant laquelle ils se nourrissent des fruits.
Evitez donc toute taille entre avril et août.

Notez qu’il est interdit aux agriculteurs de tailler les haies champêtres du 1er Avril au 31 Juillet – période relativement courte, en comparaison de certains de nos voisins européens.

Alors, s’en tenir aux mêmes principes en ville – même s’il n’y a pas d’obligation légale – c’est aider à enrayer la chute drastique des effectifs d’oiseaux (disparition de 25 à 90% selon les espèces) de ces 25 dernières années.

3. PROTEGEZ PLANTES ET SOLS

Le froid peut être rude pour les végétaux – particulièrement en période de gel prolongé. C’est pourquoi il est important de leur apporter la protection adéquate.

L’essentiel : isoler les racines du gel en recouvrant les sols de  paillage. Le broyat végétal comme le BRF (Bois Raméal Fragmenté) est idéal : composé de jeunes rameaux et de feuilles, il protège les sols du froid tout en les nourrissant, et contribue à leur équilibre.

Broyez vous-même les résidus de taille et les feuilles mortes de votre jardin. Un petit broyeur coûte aux abords de 300, et sera un allié précieux pour le maintien et la santé de vos plantes.

Vous pouvez également obtenir du broyat de bonne qualité auprès des entreprises d’élagage, ou encore en ligne : https://www.leboncoin.fr/jardinage/1645818603.htm,
http://www.monjardinenpermaculture.fr/pages/le-brf.

En rebord de fenêtre ou au balcon, l’isolation du froid est vitale pour les plantes en pots.

En hauteur, la terre est davantage exposée aux vents froids, et sa température peut chuter très brusquement.
Il est donc spécialement important de protéger la motte, plutôt que la partie aérienne.

Entourez les plantes en pot de plastique récupéré, comme l’emballage à bulles, et réunissez-les dans un carton.

On peut facilement faire un compostage de surface avec la matière organique présente sur place : tailles des arbustes, parties sèches des vivaces, restes des plantes annuelles fanées, et autres feuilles mortes (les rues en sont également jonchées si la matière manque), à disposer après les avoir découpés en petits morceaux. 

Vos sols seront non seulement protégés du gel, mais aussi nourris par la matière organique qui les recouvre.

En période de gel prolongé, on peut également couvrir la partie hors-sol de voile d’hivernage (acheté en jardinerie), mais ceux-ci ont un aspect d’autant plus lugubre qu’ils grisent très rapidement au contact de la pollution.

Si c’est vraiment nécessaire, encore une fois, l’emballage à bulles fait très bien l’affaire.
Prévoyez cependant d’y ménager un espace ouvert suffisant pour arroser, ainsi qu’une bonne aération. Cela permet aux plantes de respirer et évite le développement de maladies.

Si, toutefois, vous avez pris soin de sélectionner des plantes indigènes et donc adaptées à nos climats, elles seront d’autant plus résistantes et nécessiteront moins d’attention.

4. ON A SOIF !!

Tout comme nous autres, bipèdes, vos plantes ne s’arrêtent pas de boire l’hiver pour reprendre aux beaux jours.
C’est, toutefois, la saison durant laquelle plus d’un distrait les laisse se dessécher.

Si la baisse des températures ralentit l’évaporation de l’eau par les plantes (évapotranspiration) – et que ces dernières entrent dans une phase de repos végétatif – arroser régulièrement reste essentiel, notamment pendant les périodes sèches.

Notez également qu’une pluie fine de quelques heures ne suffit pas à hydrater.

Un arrosage hebdomadaire constitue généralement une bonne moyenne.

Prêtez une attention particulière aux plantes dont les pots sont abrités des pluies par les rebords des étages supérieurs.
Elles se dessèchent, en effet, très vite.

Au jardin, ne vous précipitez pas pour démonter le boîtier de votre système d’arrosage automatique, dès l’entrée de l’hiver. (Une fois remontés ces boîtiers présentent souvent des fuites.)

En cas d’annonce de gel prolongé (températures au-dessous de zéro pendant 24h ou plus), retirez plutôt les piles du boîtier, et purgez bien les tuyaux pour éviter qu’ils n’éclatent. 

Le reste du temps, réglez votre arrosage à environ 15 mn, 1 fois par semaine.

Ceci n’est, bien entendu, qu’une estimation ; à moduler en fonction des sols – plus ou moins drainants – et des précipitations.

Et voilà de quoi de vous occuper cet hiver, entre deux chocolats chauds !

¹ aujardin.info,  Pierrette Nardo “Les cynorrhodons”
² Les 4 saisons, dossier “Haies vivantes” Novembre 2019