4 alternatives aux pesticides chimiques pour un jardin en pleine santé

robin

Au petit jardin écolo...

Quelles solutions concrètes pour préserver vos plantes des ravageurs et parasites ? 

Voici 4 approches, des plus naturelles aux moins nocives pour le jardin et ses sols; sans produits phytosanitaires (interdits depuis janvier 2019).

1. Surveillez...et laissez la nature faire son travail

Forte est la tentation de dégainer sa sulfateuse à l’apparition du moindre intrus; atomisant dans le même élan insectes amis et nuisibles.

Or une simple surveillance aura un impact déterminant sur la santé de vos plantes, et vous permettra – si nécessaire – de chasser les indésirables sans avoir recours à “l’artillerie lourde”.

Quand ils sont présents, coccinelles, chrysopes, et syrphes se régalent des pucerons, cause majeure des ravages subis au jardin comme au potager.

Favorisez donc la présence de ces petits auxiliaires en prévoyant des refuges adaptés.

Contre les limaces :  récoltez-les le matin sous une planche un peu surélevée ou une grosse pierre où elles se réfugient pour la journée : à disposer aux extrémités du potager – jamais au milieu.

Il y a des oiseaux à proximité? Retournez pierre ou planche – à l’écart du potager – et servez le petit déjeuner.

Il n’est pas nécessaire de viser à l’éradication totale des limaces. Laissez-les grignoter un peu ici et là… 

Mais tenez-les bien à l’écart des jeunes plants. Elles en sont très friandes, et n’en feront qu’une bouchée. 

Important : Bien que considérée “méthode naturelle”, nous déconseillons l’introduction d’espèces vendues en jardinerie, comme les coccinelles :

Fréquemment importées d’Asie, ces polyphages colonisent l’habitat des espèces locales et se nourrissent des autres auxiliaires, comme les larves de nos coccinelles indigènes, fragilisant leur population.

De même, n’installez pas de pièges à bière. En plus d’être malodorants, ils sont aussi d’une rare cruauté : s’ils attirent les limaces, il en va de même pour les hérissons qui, étourdis, vulnérables et le ventre exposé, seront des proies sans défense pour les pies et les corneilles.

2. Plantez

Préservez votre espace vert en introduisant des plantes-relais qui attirent les indésirables, mais aussi des espèces compagnes qui les repoussent, ou encore abritent leurs prédateurs.

La diversité des espèces présentes encouragera non seulement la venue des prédateurs naturels des ravageurs; mais elle contribuera aussi à la richesse du sol et à la vigueur de vos plantes.

  • Mettez la table ! Oui, certaines espèces, comme la capucine attirent à elles les pucerons qui raffolent de sa sève, et laisseront en paix les plantes à protéger. Le sureau et l’ortie seront aussi d’excellentes plantes-relais que les pucerons apprécieront.

     

  • Songez aussi aux plantes aromatiques comme la mélisse, la lavande, le romarin, l’anis, l’aneth, le basilic, la menthe, pour n’en citer que quelques-unes… Leur odeur marquée éloignera plus d’un intrus, tout en parfumant votre espace.
  • Certaines variétés naturellement plus résistantes aux envahisseurs ou celles dont ils sont peu friands, ne subiront que peu de dégâts. De plus, elles offriront un abri supplémentaire aux insectes utiles au jardin comme la coccinelle.

    Nos préférées : la scabieuse et la sauge à petites feuilles qui feront le bonheur des auxiliaires du jardin.

3. Les recettes maison

Elles peuvent fortifier vos plantes pour qu’elles résistent, et se remettent mieux des agressions extérieures, ou encore vous débarrasser des importuns.

  • Le jet d’eau, tout simplement.

    Très souvent, c’est tout ce dont vous aurez besoin pour déloger les pucerons : née sur la plante, et issue d’une femelle qui, seule, est munie d’ailes, la colonie, une fois au sol, est incapable de remonter sur la tige pour sucer sa sève, et disparaitra très vite.

    Continuez toutefois à veiller et vous assurer que l’infestation ne s’est pas répandue.

    Car la plante perdra de son attrait après quelques semaines, et la colonie donnera alors naissance à de nouveaux individus ailés qui iront coloniser les alentours.

    D’où l’importance de régulièrement inspecter son jardin, de façon à ne pas se laisser surprendre ou dépasser.

Voici quelques recettes de l’auteure et jardinière Brigitte Lapouge-Déjean qui peuvent s’avérer utiles…

  • La macération d’oignon pour chasser les pucerons.
    Laisser macérer 100g oignons dans 1 litre d’eau de pluie pendant 48h. Puis pulvérisez (jetez le reste car cette recette ne se garde pas).

     

  • Huile de Colza
    Contre les pucerons, acariens et chenilles, l’huile de colza a aussi l’atout d’être facile à trouver.

     

    Ajoutez-y du savon noir (biodégradable) pour qu’elle se mélange bien à l’eau dans les proportions suivantes :

    mélanger d’abord 2 cuillères à soupe d’huile de colza à 2 cuillères à soupes de savon noir liquide, et versez-y progressivement un peu d’eau tiède avant de transferer le mélange dans un pulvérisateur.

    Versez le reste du litre d’eau avant de pulvériser 2 fois.

    Quelques forcenés persistent? Ajoutez 5 gouttes d’huile essentielle comme la menthe ou la lavande (insecticides) pour en venir à bout.

  • Bicarbonate de soude
    Il empêche le développement des champignons comme l’oïdium, la rouille et le mildiou.

    Dans un pulvérisateur, versez 2 cuillères à café rases de bicarbonate mélangées à une cuillère à soupe de savon noir et un peu d’eau tiède et ajoutez-y le reste de l’eau.
    C’est prêt.

    Ne dépassez pas 1% de concentration ou vous brûleriez les feuilles (commencez par faire un essai sur une feuille).

    Pulvérisez sur feuille sèche une fois par semaine durant les périodes favorables à la propagation des maladies.

Quelle que soit la recette utilisée, pulvérisez-la de préférence le soir, en évitant l’ensoleillement, ou trop de rosée.

4. Les produits vendus en jardinerie

  • Contre les champignons de type oïdium, privilégiez les formules au soufre, qui ne s’accumule pas dans les sols. Les bicarbonates de potassium ou de soude sont de possibles alternatives (voir n°3°).

     

    Les formules contenant du cuivre, comme la bouillie bordelaise conduiront l’oxyde de cuivre à s’accumuler dans les sols.

    Ils sont donc à utiliser le moins souvent possible.

    Tâchez d’abord d’enlever les feuilles malades, et jetez-les dans un sac poubelle sans attendre, avant de traiter le reste des feuilles à l’aide d’une formule faite maison.

  • Contre les insectes ravageurs : à moins qu’ils ne déciment une récolte, laissez-les mâchouiller un peu sur vos plantes.
    S’ils sont vraiment trop à supporter, commencez toujours par les solutions décrites plus haut.

     

  • Le Bacille de Thuringe vous débarrassera des chenilles, mais il faudra l’appliquer de façon très méticuleuse pour ne pas tuer toutes les espèces de papillons inoffensifs.

à éviter autant que possible

  • Le pyrèthre est un insecticide que nous ne recommandons pas.
    Sans distinction, il tuera les envahisseurs, de même que les abeilles et les autres insectes auxiliaires du jardin, à moins d’être utilisé de façon experte et ciblée.
  • Le Ferramol attire les limaces et les empoisonne, mais perd de son efficacité dès lors qu’il pleut – moment précis où dame Limace fait sont entrée…et ses ravages.
    Contrairement à ce qu’en disent les revendeurs, il est nocif pour le sol, les oiseaux et les hérissons qui mangent les limaces tuées par ce produit…

Le Ferramol n’est à utiliser qu’en cas de force majeure (dévastations importantes) en évitant tout contact direct avec le sol.
Si vous devez vous en servir, placez-le un bocal en verre à l’extrémité des plants à protéger, de façon à ce qu’il ne se remplisse pas d’eau et déborder.
Mieux vaut cependant lutter contre les limaces en les enlevant régulièrement (voir 1).

Scrutez bien les étiquettes des produits et n’achetez rien à base d’abamectine ou de pipéronyl butoxyde, tous deux toxiques pour les humains, comme pour les abeilles.

enfin, le plus important...

Gardez à l’esprit qu’un jardin en bonne santé est avant tout, un jardin vivant, varié, et l’hôte d’une multitude d’espèces qui favorisent son autorégulation. 

Alliée à une surveillance régulière elle sera suffisante à l’essor de vos plantes comme à la richesse du sol.

Ne vous servez donc des produits – même naturels – que rarement et en dernier recours.